
ActualitéRDC : duplicata de la carte d’électeur payant, la dénonciation de la CENI face aux accusations visant ses propres agents
12/10/2026 à 18:20Elie Mata MunsakaKwango Info3 min
Alors que la Commission électorale nationale indépendante (CENI) rappelle que la délivrance du duplicata de la carte d’électeur est gratuite et affirme avoir sanctionné des agents impliqués dans des pratiques de monnayage à Kinshasa, des témoignages d’usagers font état de paiements exigés dans plusieurs communes. Une s…
Alors que la Commission électorale nationale indépendante (CENI) rappelle que la délivrance du duplicata de la carte d’électeur est gratuite et affirme avoir sanctionné des agents impliqués dans des pratiques de monnayage à Kinshasa, des témoignages d’usagers font état de paiements exigés dans plusieurs communes. Une situation qui soulève des interrogations sur le contrôle exercé par l’institution sur ses propres services.
La Commission électorale nationale indépendante (CENI) dénonce le monnayage du duplicata de la carte d’électeur. Dans un communiqué publié le 9 octobre 2026, l’institution rappelle que cette opération est entièrement gratuite et annonce des sanctions contre des agents impliqués dans ces pratiques à Kinshasa.
Cependant, sur le terrain, les témoignages de certains usagers semblent contredire ce discours officiel. À Selembao, Kimbanseke, Nsele-Kinkole et Kananga, des citoyens affirment avoir été confrontés à des demandes de paiement pour obtenir ce document.
À Selembao, un témoignage évoque une somme de 15 000 francs congolais. À Kananga, un autre fait état de 8 000 francs congolais. Des pratiques similaires sont également signalées dans les communes de Kimbanseke et de Nsele, notamment à Kinkole.
Ces accusations, qui restent à vérifier individuellement, posent une question fondamentale : comment la CENI peut-elle dénoncer des pratiques de monnayage alors que des agents intervenant dans ses propres services sont mis en cause par des usagers ?
La dénonciation de la CENI constitue un signal important, mais elle ne suffit pas à rassurer les citoyens. L'enjeu ne consiste pas seulement à reconnaître l'existence de ces pratiques ou à annoncer des sanctions, mais également à établir leur ampleur, à identifier les responsabilités et à garantir que la gratuité du duplicata soit effectivement respectée dans tous les centres concernés.
La situation appelle donc à davantage de transparence sur les sanctions annoncées, les mécanismes de contrôle mis en place et les mesures prises pour empêcher la répétition de ces faits.
Lorsque des agents chargés de servir les citoyens sont accusés d'exiger de l'argent pour une opération officiellement gratuite, la responsabilité du contrôle administratif se pose inévitablement.
La collaboration entre les services électoraux et les forces de l'ordre peut contribuer à sécuriser les opérations. Toutefois, elle ne dispense pas la CENI de sa responsabilité dans la supervision de ses agents, le traitement des plaintes et la prévention des pratiques irrégulières.
Il importe néanmoins de distinguer les responsabilités individuelles des agents mis en cause de celles de l'institution dans son ensemble. Les témoignages doivent être examinés et les faits établis avant toute conclusion définitive.
Pour les usagers, le duplicata de la carte d'électeur ne devrait pas devenir une charge financière supplémentaire lorsque la procédure officielle prévoit sa gratuité.
Au-delà des déclarations, les citoyens attendent des mesures concrètes : des contrôles réguliers, des sanctions transparentes, des voies de plainte accessibles et une information claire dans les centres de délivrance.
La question demeure : si la CENI reconnaît et dénonce le monnayage, quelles garanties offre-t-elle pour que ses propres services ne deviennent pas le lieu de ces pratiques ?
La crédibilité de l'institution dépendra aussi de sa capacité à faire respecter, sur le terrain, les règles qu'elle rappelle publiquement.Précaution journalistique : avant publication, il serait utile de vérifier le communiqué du 9 octobre 2026 et de recueillir la réaction de la CENI sur les faits signalés. Cela permettra de renforcer la solidité de l'article sans présenter les témoignages comme des faits définitivement établis.
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